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A l'occasion de la fin de la brillante seconde saison de The 100, Femmes de séries a décidé de s’intéresser de plus près à l'indéniable pouvoir féminin qui règne dans la série de la CW. Sans vraiment l'avoir cherché, le show est devenu une série de femmes. Non pas qu'elle ne s'adresse qu'à un public féminin, loin de là mais ses personnages dominant sont des femmes.

Ce qui est encore plus intéressant c'est qu'à l'instar de Once Upon a Time, les héroïnes de The 100 n'ont pas particulièrement cherché à devenir des leaders. Soit cette fonction s'est imposée à elles par la force des choses et de la situation (Clarke, Abby), soit le rôle de chef leur est revenu par le biais de la tradition (Anya, Lexa, Indra). On ne peut donc pas parler ici de série féministe comme peut l'être Marvel's Agent Carter.

Dans The 100, il n'y a pas de revendication du pouvoir féminin. Pour Clarke et Lexa, il est même très encombrant parce que synonyme de renoncement à une forme d'humanité et de sentimentalisme.

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Le cas Clarke Griffin

Dans le cas de Clarke, le problème, au départ, ne sera pas de s'imposer en tant que leader de sexe féminin mais en tant que leader tout court. On voit bien dans la saison 1 combien elle bataille avec Bellamy sur la conduite à tenir. Ce que lui reproche le jeune homme n'est pas fonction de son genre mais de sa caste. Elle fait partie de la classe "huppée" de l'Arche avec un père ingénieur et une mère médecin quand la plupart des autres nouveaux arrivants sur Terre sont des "petites mains". Pourquoi devrait-elle prendre la tête des opérations simplement parce qu'elle est la fille de, qui plus est, proche du fils du Chancelier ?

L'envoi sur Terre était certes une condamnation pour tous mais aussi le moyen de rompre avec le pouvoir en place et de devenir finalement libre. Pas étonnant qu'ils voient en Clarke une ennemie à même de reproduire l'asservissement des adultes.

Si elle doit se battre pour l'acceptation c'est uniquement sur ce front. Dès lors que son "peuple" comprendra que son seul but est de permettre à chacun de survivre, il en fera son leader naturel avec l'assentiment de celui qui fut autrefois son némésis, Bellamy.

Son pouvoir ne va alors cesser de croître par la force de son courage face à des épreuves toujours plus éprouvantes, sa capacité à fédérer tout en restant humaine non sans générer au passage de terribles dilemmes moraux.

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Je suis ta mère !

Si lutte de pouvoir il y a, c'est en fait entre Clarke et sa mère Abby, devenue Chancelière un peu par hasard, simplement parce qu' à un moment donné, elle a su prendre l'ascendant sur un Jaha exsangue et un Kane pas franchement prêt à assurer. Mais Abby ne fait définitivement pas le poids face à sa fifille qui reste pour elle une gamine, refusant obstinément de voir en elle une jeune femme qui n'a plus besoin de sa mère (et de personne) pour évoluer.

Elle n'a surtout pas l'expérience du terrain et encore moins des peuples locaux. Son semblant d'autorité ne fera pas long feu face à la détermination de Clarke. Une Abby faible s'efface donc mais continue dans l'ombre d'être la garante de certaines valeurs inculquées à sa fille.

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Chef oui Chef !

Si l'on ne sait pas encore très bien comment la société des terriens s'organise vraiment, il apparaît à travers les personnages d'Anya et de Lexa que celle-ci pourrait être matriarcale.

Bien des leaders sont des femmes, des guerrières que la sang et la mort n'effraient pas à faire pâlir de jalousie une certaine Xéna ! Filles ou petites-filles des terriens qui ont survécu à l'Holocauste nucléaire, elles semblent devenir chef par un savant mélange de mysticisme et d'espoir. Quand Clarke assène à Lexa qu'elle n'est peut-être pas tendre mais qu'elle a au moins l'avantage d'être intelligente et qu'il n'en sera peut-être pas de même avec celle qui viendra après, Lexa lui explique que chaque leader choisit avec application et spirituellement celle qui lui succédera. La sagesse de la morte se réincarne alors dans le leader suivant.

Outre ce passage de témoins quelque peu curieux, les Terriens fonctionnent par mentorat. Anya fut le mentor de Lexa et Octavia devient la disciple d'Indra.

Si Clarke découvre peu à peu que sa fonction n'a rien d'une partie de plaisir, les Terriennes l'ont compris bien avant elle, la survie étant l'enjeu principal. Et pour l'assurer, il faut renoncer à tout ce qui fait son humanité. Tel sera le choix tactique de Lexa lorsque son grand amour sera torturée et sauvagement assassinée parce qu'elle lui était liée. Dès lors, l'amour et l'affection deviennent des faiblesses exploitables que Lexa décide purement et simplement d'abandonner.

La solitude du pouvoir dans toute sa splendeur !

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Les outsiders

L'une des rares faiblesses de The 100 réside dans l'incapacité des scénaristes à offrir une véritable dimension à cette outsider particulièrement intéressante qu'est Octavia. Peut-être que ce sera l'un des enjeux de la saison 3 mais pour l'heure, la jeune sœur de Bellamy, aussi bad-ass soit-elle n'a pas encore réussie à convaincre. La merdeuse des premiers jours sur Terre a laissé la place à une guerrière qui épouse le code d'honneur des Terriens. Cela lui est clairement inspiré par son amour pour Lincoln mais aussi parce que leurs valeurs lui parlent.

Confinée dans l'Arche, enfant cachée parce que n'ayant pas le droit d'exister au-delà de la loi de l'enfant unique (Bellamy est l'aîné), Octavia n'a jamais pu vivre normalement. Jusqu'à son arrivée sur cette Terre aussi sauvage qu'elle.

A la différence d'Octavia, le personnage au départ très secondaire de Raven a su trouver sa place par petites touches. Voilà encore une bad-ass dont les actions sont motivées par ses sentiments pour Finn mais qui va transcender ce canevas de départ et devenir un atout indiscutable. Génie de la mécanique et de l'ingénierie en général, ses compétences vont permettre de mettre en difficulté les ennemis.

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Et les hommes dans tout ca ?

Ils vont bien, merci !

Aussi chargé en personnages féminins qu'il soit, le show réussit aussi le tour de force de faire exister les hommes. Finn en début et Bellamy en fin de saison 2 en sont les plus parfaites illustrations. Ils ne sont pas là pour être là, ils évoluent, mutent, se complexifient.

Les deux garçons vont d'ailleurs échanger leurs rôles entre la première et la seconde année. Boy-scout en puissance dans la saison 1, Finn va faire un virage à 180°. Il va devenir tout ce contre quoi il luttait au départ, un être incontrôlable et violent qui meurt de trouille. Il en paiera forcément les conséquences.

A l'inverse, le caïd Bellamy va se calmer, faire les bons choix et se révéler incontournable à la survie de son peuple. Un héros en puissance qui regarde Clarke, l'ennemie d'autre fois d'un tout autre œil.

Les adultes de l'Arche, Marcus et Thélonius ne sont pas non plus en reste. Le premier a ravalé son arrogance, son égo et fait preuve d'un bon sens bienvenu alors que le second, en plein trip mystique est le garant d'un nouvel arc narratif où une femme semble avoir là aussi un pouvoir important et dangereux.

En seulement deux saisons, The 100 est devenue une excellente série à la galerie de personnages féminins fascinante. Une constante évolution qui semble aller de soi, qui met de côté toute revendication.

Ici, quand on se bat, c'est avant tout pour survivre dans ce monde impitoyable pour les hommes comme pour les femmes !

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