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Histoire de mettre un peu de soleil dans votre hiver, retour sur l'une des mini-séries de l'été dernier, la très sympathique The Astronaut Wives !

Si on ne l'avait pas encore compris le reste de la saison, la période estivale de la chaîne ABC se charge d'encrer encore plus le network dans le créneau "séries de femmes" en accolant Mistresses à la nouveauté The Astronaut Wives Club.

Ou l'histoire très vraie des épouses des astronautes du tout premier programme spatial américain, ces pionniers qui permettront à Neil Armstrong et Buzz Aldrin de mettre un pied sur le Lune.

Cette chronique du passé pleine de fraîcheur se rapproche dans le ton de ce que fut la trop courte Pan Am. Sans renier son petit côté soap, la série de Stephanie Savage (Gossip Girl) aborde avec une honnêteté confondante, qui doit beaucoup au choix des comédiennes, les "petits" tracas humains derrière la grande Histoire.

Les Mercury Seven, comme ils furent appelés, n'auraient sans doute pas autant conquis le cœur des américains sans l'énorme coup de mains de leurs épouses. Un soutien sans faille pour les caméras mais qui est tout autre dans l'intimité des petites maisons mises à disposition par la NASA.

Tromperie, tentation d'adultère, séparation, soumission, divorce, décès font partie du quotidien pas du tout glamour de ces hommes et femmes emportés dans le tourbillon de l'histoire.

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The Astronaut Wives Club parle donc avant tout de la relation entre homme et femme, de la dure loi du mariage en particulier quand les aspirations de l'un et de l'autre sont différentes.

Car c'est l'époque de tous les changements pour les femmes et ces messieurs ne sont pas tous progressistes.

N'ayons pas peur de reconnaître que de prime abord, les femmes de la série sont des stéréotypes. Heureusement, le show dépasse rapidement ce canevas pour faire évoluer ses héroïnes dans le bon sens.

Celle qui incarne le plus vite le changement c'est Rene (superbement campée par Yvonne Strahovski). Une flamboyante blonde platine qui se démarque dès le départ de ses futures amies par des tenues aux couleurs excentriques. Elle est un objet de fantasme pour les hommes (le style Marilyn !), une curiosité pour les femmes mais son ambition va déstabiliser les deux camps ! Elle décide de mettre à profit son statut d'épouse de héros pour parler de vrais sujets osés pour l'époque telle que la contraception à travers une chronique journalistique qui ne sera pas évidente à imposer. Son besoin de liberté s'exprimera aussi dans son mariage avec une séparation amiable tout ce qu'il y a de plus tendre et compréhensive.

Autre image de la modernité, Trudy (parfaite Odette Annable). Sa présence au sein du club est un "sacrifice" dans le sens où lorsque son mari a été choisi pour le programme, elle était sur le point de demander le divorce pour infidélité (très difficile à obtenir en ce temps-là). Pour ne pas lui nuire, elle a décidé de rester et de jouer la comédie de l'union heureuse alors que Gordo dort dans la baignoire. C'est aussi une chance pour cette pilote d'avion avertie de toucher d'un peu plus près SON rêve : être astronaute. Une femme libre qui va jusqu'à laisser en évidence son vibromasseur pour montrer à son époux qu'elle n'a définitivement pas besoin de lui !

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Mère et conscience du groupe, Marge (Erin Cummings) est de toutes, celle qui a le plus vécu. Le secret de cette incendiaire rousse au franc parler évident aurait facilement pu torpiller la carrière de son époux : c'est une divorcée sauvée d'un mari violent qui a épousé en seconde noce Deke Slayton. Une hérésie pour l'époque. Mais Deke n'est pas homme à fuir bien que son ouverture d'esprit n'aille pas toujours très loin. Il peut alors compter sur Marge pour le remettre face à ses responsabilités et face à un monde qui évolue.

La parfaite Louise (Dominique McElligott) sera accueillie fraîchement par les autres Astronaut Wives. Parce qu'elle n'est pas d'une nature très liante, parce que son mari sera le premier astronaute à devenir un héros et parce que la presse lui façonne une image de sainte reprise en cœur par l'Amérique. Mais comme toujours, derrière la surface se cache de gros mensonges. A commencer par ce mariage qui n'a rien de parfait. Alan Shepard est un queutard qui trompe une Louise qui reste un moment dans le déni, se contentant de flirter très sagement avec le journaliste en charge de son portrait dans Life Magazine. Petit à petit, Louise trouvera finalement sa place dans le groupe et saura faire de son mariage une force.

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Epouse du futur célèbre John Glenn, Annie (Azure Parsons) est un personnage effacé et discret. Si tout un chacun trouve de bon ton pour une épouse d'astronaute d'être une belle qui se tait, on ignore surtout que la jeune femme est bègue. La façade étant d'une importance capitale pour le service communication de la NASA, cet handicap sera un problème pourtant au final totalement assumé par le couple et célébré par les Astronaut Wives. Malheureusement, le personnage n'évoluera pas beaucoup alors que la véritable Annie Glenn devint le porte étendard du bégaiement.

Le destin de Betty Grissom (JoAnna Garcia Swisher) sera encore plus intimement lié à celui de son mari que les autres Astronaut Wives. Pour la triste raison que Gus Grissom mourra lors de la répétition de la mission Apollo 1. Après le drame, Betty se battra contre la NASA pour que les règles de sécurité soient plus sévères et que les astronautes bénéficient d'une reconnaissance plus importante à titre posthume. Un combat pour lequel elle sera soutenue par son groupe d'amies.

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Pensée comme une mini-série, The Astronaut Wives Club n'aura donc pas de suite. Mais ces 10 épisodes auront largement suffi à décrire avec ferveur une époque où l'émancipation féminine prenait son envol dans un milieu pourtant ultra masculin.

Une cousine de la défunte Pan Am avec un enjeu plus sérieux !

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