Interprétée par Keri Russell

ATTENTION SPOILERS SUR LA SAISON 5

Dans l'écriture de portraits, il est des personnages que la plume n'ose pas aborder. Parce que le cœur du sériephile les aime trop et que la main qui guide ce cœur est terrifiée à l'idée de ne pas lui rendre un hommage à sa juste valeur.

Il en est ainsi de la relation de Femmes de séries à la protagoniste de The Americans. Notre envie et besoin d'écrire sur Elizabeth Jennings datent de la fin de la saison 1 quand une vaste partie du potentiel de cette femme s'était déjà livrée à nos yeux fascinés. Une anti-héroïne froide et conditionnée portée par l'insolent talent ressuscité d'une Keri "Felicity" Russell en pleine possession de sa destinée d'actrice.

Mais à l'exception d'un titre et de quelques quotes, ce portrait est resté lettre blanche... jusqu'à aujourd'hui. Parce qu'il est temps, parce qu'il le faut, parce qu'elle le mérite tellement !

Quantité d'adjectifs serait à même de décrire cette femme, cette mère, cette espionne, cette maîtresse, ce personnage aux facettes aussi multiples que les perruques qu'elle arbore lors de ses diverses missions d'infiltrations. Mais au-delà de la "terroriste" communiste, de l'endoctrinée soviétique froide et distante, Elizabeth est une héroïne qui souffre de ses propres contradictions.

Dans la saison 1, elle est en lutte contre son propre mari, ce parfait inconnu auquel le KGB l'a mariée de force il y a des années et avec lequel elle a créé ce faux rêve américain et cette jolie petite famille nucléaire. Une enfance atroce dans une Union Soviétique pauvre et exsangue aura été le terrain parfait de recrutement du KGB et le début d'un conditionnement qui a la peau dure.

Elle lutte alors contre ses sentiments pour Philip lui reprochant de ne plus se montrer aussi assidu envers cette cause qui est leur vie. Elle l'aime et le déteste, le désire et le rejette. Il y a et il y aura toujours entre eux cet éléphant dans la pièce, cette attraction et cette répulsion. Mais comment s'aimer sainement lorsque la raison d'état veut que l'on partage le lit d'un autre, que l'on mente, que l'on se glisse dans la peau d'une autre ?

Continuellement coincée entre ce passé dont elle est le produit (elle a notamment été violée par l'un de ses instructeurs au KGB) qui la révulse autant qu'elle en est fière et un présent qui la pousse petit à petit à considérer certaines choses autrement, Elizabeth doit penser au futur de sa famille.

Mère aimante pour Paige et Henry, sa retenue toute slave se heurte à l'adolescence de son aînée bien plus finaude que pouvait l'espérer ses parents. Lorsqu'un autre couple sous-couverture comme eux est assassiné par leur fils qui a découvert leur véritable identité, les Jennings se posent de sérieuses questions quant à la future place de Paige dans la mission qui est la leur. Par peur, Elizabeth va agir maladroitement tentant de se lier à sa fille pour de mauvaises raisons qui l'opposent une fois de plus à son mari.

Elle va notamment reprocher à la jeune fille de se laisser endoctriner par un pasteur sans voir que c'est aussi ce qui lui est arrivé d'une façon bien plus dramatique.

Au fil des événements, la carapace d'Elizabeth se fissure. Elle se laisse aller à des élans de jalousie lorsque Philip doit épouser une autre femme. Au contact d'autres hommes, elle découvre le désir ce qui contre toute attente rejaillit positivement sur son couple. Et la vérité qu'elle est obligée d'avouer à Paige lui permet au final de se rapprocher de sa fille, de l'entraîner (physiquement et mentalement) à être une femme forte qui n'a peur de rien.

Elle n'est pas femme et espionne à se poser des questions sur la mission même à ce stade de sa vie, ce sont les épreuves prises les unes après les autres qui vont lui permettre d'évoluer sans pour autant changer de point de vue.

Avec le temps, Elizabeth semble s'apaiser, apparaît plus souple sur certaines questions et découvre les joies d'un mariage heureux en tombant au final vraiment amoureuse de son... mari !

C'est dans cette constante ambivalence que réside la substantive moelle du personnage. Elizabeth (Nadezhda de son vrai nom) n'est jamais là où on l'attend émotionnellement. Une ligne de conduite qui la rend aussi attachante que complètement fascinante. Encore une contradiction, une !

 

Le coin des quotes

Wouldn't it be a nice world if no one had to do this

I want to get out of here. We should just go. I mean it. Let's go home

Paige… I’m going to see my mother before she dies…In Russia. I talked it over with dad. We think you should go with me. It would be the only chance you’ll have to meet your grandmother. But it’s your choice.

Everybody lies, Paige. It’s… A part of life. But we’re telling each other the truth now. That’s what’s is important. You’re gonna get through this. We will. I promise. Okay?

I'm gonna kill you, stupid bitch. Tell whoever approved this that your face is a present from me to them. Show them your face. Show it to them

was seventeen when I joined the KGB. I’d never had a boyfriend. They put me with you—we didn’t know each other. When we got here, I was twenty-two years old. I was living in a strange house, in a strange country, with a strange man. And I met Gregory, and he was… passionate about the cause. He was passionate about everything. He was passionate about me. I recruited him, and he didn’t even want anything. He just believed, like I did. He was the first person I felt I could really talk to, and I needed that. It just… it just happened. It never really happened that way for us, did it? And I’m… I’m so sorry. I wish that it had… But I feel like it’s happening now.

We're getting her ready to find out who we really are; who she really is and that's going to break everything open, will change everything, but it's going to take time.

We were never married. We had an arrangement, and it worked.

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