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The Morning Show : la série post #MeToo

A la vision de The Morning Show, on ne s’étonnera pas que Jennifer Aniston et Reese Whiterspoon aient dit banco à la plateforme de la marque à la pomme et d’en être les portes paroles au lancement. Outre des contrats juteux, des mentions de co-productrices et des tonnes d’Iphone 12 Pro gratuits (très certainement à vie), il s’agissait pour les comédiennes de s’ancrer dans la première série qui met les pieds dans le plat du mouvement #MeToo comme peut le faire The Good Fight avec son obsession Trumpiste.

Intelligent mais aussi casse-gueule surtout pour Aniston qui n’hérite pas d’un personnage des plus sympathiques y compris envers la cause féministe.

Outre les deux têtes d’affiche, The Morning Show s’est dotée de très beaux et forts personnages y compris masculins (Cory et Chip pour ne citer qu’eux). Mais étant donné notre ligne éditoriale, revue de détails des autres femmes de la série.

Attention possibles spoilers

Alex Levy

Jennifer Aniston

Tout passe par les yeux bleus acier de Jennifer Aniston : la dureté, la détermination, la peur, la honte, la détresse d’Alex Levy, la grande prêtresse du Morning Show. Et c’est heureux qu’il lui reste cela tant le visage lifté de l’actrice n’exprime plus qu’une seule expression.

Quand elle perd son copilote et son meilleur ami, Alex est bouleversée, certes un peu honteuse d’avoir fermé les yeux comme tous les autres mais surtout inquiète pour son avenir. On a beau être une femme puissante à la télévision américaine, il y a toujours une cohorte d’hommes en coulisse qui te juge trop vieille ou trop femme pour tenir la barre seule.

Alex va donc partir en roue libre en choisissant Bradley. Un coup de poker qui va lui exploser au visage. Encore plus menacée par cette petite nouvelle qui l’ouvre un peu trop à son goût, elle va multiplier les mauvais choix.

Aniston hérite d’un rôle en or mais aussi terriblement casse-gueule. C’est un peu comme si, pour son grand retour à la télévision, elle avait voulu mettre définitivement la petite fiancée de l’Amérique qu’elle incarnait dans Friends au placard pour embrasser la noirceur et les choix très questionnables d’Alex Levy.

Et c’est une réussite ! L’Emmy de la meilleure actrice lui tend les bras (bien qu’il y aura de la compétition) et ce ne serait que justice.

Bradley Jackson

Reese Whiterspoon

Sur le papier et même au début, Bradley est un personnage qui semble intéressant. Mais la dynamique des pouvoirs entre Alex et elle et entre les deux actrices stars que sont Aniston et Whiterspoon va grandement desservir ce personnage fort en gueule, peut-être même trop pour ne pas finir par nous saouler.

Oui, Bradley l’ouvre beaucoup, pour la bonne cause mais elle se révèle finalement trop bi-dimensionnelle pour le monde incurvé et odieux de The Morning Show. La série le prouvera, elle n’aime pas les gentils et inconsciemment (ou peut-être très consciemment) les scénaristes vont le faire payer à Bradley qui apparaît finalement fade.

Que ce soit dans Big Little Lies ou dans Little Fires Everywhere, Whiterspoon nous a donné l’habitude de jouer des femmes pétillantes, épuisantes mais qui ont du poids. Ce n’est malheureusement pas le cas ici. Il fallait une star, ce sera le tour d’Aniston.

Hannah Shoenfeld

Gugu Mbatha-Raw

Si Alex est la force vive de la série, Hannah en est l’âme torturée dont l’ultime acte servira de prise de conscience à la première pour monter en première ligne.

Ce n’est que tardivement qu’Hannah, la bookeuse de l’émission se révèle l’un des maillons essentiels de l’histoire de harcèlement autour de Mitch. Avant cela, elle se présente comme une jeune femme discrète et déterminée dans son travail. Il est tragiquement ironique que son travail consiste à convaincre en douceur les gens de se livrer à l’antenne.

Elle qui garde un secret déterminant dont elle a enfoui le traumatisme. La scène durant laquelle elle raconte ce qui s’est passé à Las Vegas avec Mitch à une Bradley sidérée est l’un des moments les plus puissants des 10 épisodes.

Gugu Mbatha-Raw est tout simplement sidérante.

Mia Jordan

Karen Pittman

Personnage secret et peu accessible, la productrice Mia Jordan a décidé de la fermer depuis longtemps et de ne pas révéler qu’elle a été la maîtresse de Mitch. Enfin, ça c’est avant d’exploser en studio, devant tous ses collègues et de révéler la vérité comme une libération.

Ambitieuse, elle voit une magnifique opportunité dans l’arrivée de Bradley dont elle devient la productrice, quittant l’équipe d’Alex qu’elle n’apprécie guère.

Claire Conway

Bel Powley

Fille à papa qui veut faire ses preuves toute seule, Claire est une assistante de production qui tente de jouer profil bas.

Pas facile quand on tombe très sérieusement amoureuse du Monsieur Météo de la chaîne, une star bien plus âgée qu’elle. Le scandale sexuel qui éclabousse l’émission mettra fin à leur liaison de peur que les gens sautent à la même conclusion concernant Claire et Yanko.

Et aussi parce qu’ils ont été dénoncés par une Hannah soucieuse de protéger Claire. Laquelle n’arrivera pas à faire de même pour Hannah.

Rena

Victoria Tate

L’assistante de Chip, le responsable de l’édition du Morning Show n’a pas d’histoire propre mais il n’y a qu’à constater sa loyauté envers son patron pour envie d’en savoir un peu plus sur cette petite main de l’émission qui voit et encaisse beaucoup sans ne rien dire.

Maggie Brener

Marcia Gay Harden

Journaliste aussi crainte que respectée, Maggie (à gauche sur la photo) est la mouche du coche qui tourne autour de l’émission pour connaître les dessous de l’histoire de harcèlement sexuel.

On tente bien de la manipuler, de lui faire écrire un article partial mais Maggie Brener n’est pas du genre à céder sur l’éthique.

Bien qu’elle ne soit présente que dans 6 épisodes et encore lors de très courtes scènes, le personnage s’impose chaque fois comme indéboulonnable grâce notamment à la stature de Marcia Gay Harden.

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