Elle, nouvelle série de Prime Vidéo, est la pépite fraîcheur de ce début d’été avec une héroïne adolescente comme on en voit peu. Normal, on est en 1995 et Elle, c’est Elle Woods, la future héroïne de La Revanche d’une Blonde et de sa suite.
Elle et la maturité

Sur le papier, nous n’aurions pas parié dessus. Se lancer dans l’exploration de l’adolescence d’une simili Barbie de Los Angeles, le personnage superficiel de deux films devenus synonyme de lancement de carrière pour Reese Whiterspoon, quelle drôle d’idée !
Pourtant, la série est bourrée de qualités qui gagnent petit à petit le téléspectateurs. Elle parlera sans doute encore plus à la Génération X puisqu’elle se passe en 1995 avec son lot de références pop culture (le générique est une chanson de Garbage) et sa nostalgie de l’époque (Nirvana, Ace of Base, No Doubt, Friends, Pretty Woman, Sauvés par le Gong…) mais elle donne surtout à voir une héroïne étonnante.
Superficielle à première vue, Elle Woods est une jeune fille de 16 ans à la maturité impressionnante. Elle sait ce qu’elle veut alors même que sa mère Eva l’a créé à son image. De manière générale, ses parents sont ultra-aimants et super fiers de tout ce que leur fille entreprend. La série est donc éminemment positive. Si conflits parentaux il y a, ils restent passagers et mineurs, Elle montrant souvent à sa mère qu’elle fait fausse route. Mère et fille sont terriblement fusionnelles. Le personnage de Eva bénéficie en outre du talent de June Diane Raphael, déjà formidable en Brianna dans Grace et Frankie. Si elle projette bien des choses sur sa fille, elle ne l’étouffe pas et finit toujours par reconnaitre ses erreurs avec un panache qui confine au génie.
Elle et l’autre monde

Elle est arrachée à son milieu naturel, Los Angeles où elle est née et où elle est une Reine aussi bien au sein de son lycée que du milieu des riches par l’intermédiaire de son père chirurgien esthétique. Mais quand celui-ci loupe une rhinoplastie, la famille s’exile à Seattle.
Et là, le choc culturel est terrible pour la mère et la fille. Elle, toute de rose vêtue, arrive dans un lycée grunge, qui voue un culte à feu Kurt Cobain (mort un an plus tôt) et à Nirvana. Adieu soleil de Californie, bienvenue à la pluie de l’Etat de Washington, un établissement avec peu d’argent et des élèves blasés. Pourtant comme Elle, ils ont du cœur et c’est bien ce qui va les réunir aussi différent soit-il. Ils ne tolèrent pas les injustices. La jeune fille va les convaincre de sa bonne foi en s’investissant dans des combats qui vont finir par lui tenir à cœur, lui faire aimer cette ville étrange et ces drôles de jeunes qui ne ressemblent pas à ses amis habituels.
Elle et l’amitié féminine

La série nous parle très joliment du déracinement quand on a 16 ans et que notre monde tient à nos amis et dans le cas de Elle à sa passion pour Cosmo (on ne juge pas, on a eu notre période aussi !)
En quittant LA, elle s’éloigne de sa meilleure amie Madison avec laquelle, fatalement, l’écart se creuse. Quand les deux jeunes filles se retrouvent, chacune a fait son chemin sans l’autre et c’est un constat qui blesse. A Seattle, Elle s’est rapprochée de Liz, la fille de la gentille secrétaire du lycée, une musicos outsider lesbienne qui lui montre les rouages de cette nouvelle vie. Elle est aussi proche de Shannon, une fan de fashion et si elle ne parvient pas à s’attirer les bonnes grâces de Kimberly, elles font quand même front commun quand il le faut.
Et bien sûr, il y a les garçons. Mais c’est compliqué (toujours) ! Car il y a Dustin, le rebelle mais aussi Miles, le sportif !
Elle face à elle-même

Comment résister sérieusement à Elle Woods ?! La série a trouvé une interprète parfaite adoubée par Reese Whiterspoon en personne (elle est aussi productrice), la presque débutante Lexi Minetree. Son apparente candeur blonde va parfaitement à ce personnage bien plus profond qu’il n’y paraît avec ses valeurs, son sens du Bien et du Mal et son flair affûté. Son séjour à Seattle va davantage l’ancrer dans le réel mais sa détermination était déjà bel et bien présente.
Cette adolescente infatigable et pétillante est un bonheur, une jeune fille comme on en voit peu à la télévision américaine de nos jours. Merci pour l’interprétation et pour l’écriture intelligente.
